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LA CHAPELLE DE SAINT-ADRIEN




Peu visible de la route nationale, accrochée au rocher qui la surplombe, et se confondant avec lui, mais dotée d'une vue panoramique imprenable, la chapelle de Saint-Adrien a connu au cours des siècles passés, l'affluence extraordinaire des pélerins venant de fort loin demander la protection du Saint contre la peste, des mariniers espérant une aide providentielle dans les tempêtes, et aussi des filles à marier assurées de trouver un époux dans l'année.

Selon la légende, deux ermites, ONUMPHE et PANCRACE, plantant, une épingle dans leur propre chair aidèrent par ce moyen douloureux une jeune fille à se marier et connurent dans toute la région une grande popularité. C'est en 1557, semble-t-il, qu'une chapelle trouva sa place dans la caverne des ermites, et qu'un prieuré fut édifié. Il ne reste rien du prieuré, ni de la chapelle primitive qui fut reconstruire au début du XVIIIème siècle. Elle connut au cours des siècles, de nombreux et pittoresques avatars : rivalité entre le chapelain de Saint-Adrien et le curé de Saint-Crespin du Becquet dont l'église surplombait la rive gauche du ruisseau séparant les deux paroisses, transformation en entrepôt de vins pendant la Révolution, utilisation de son image sur les étiquettes d'une célèbre jouvence, participation à l'expansion des hôtels et guinguettes du bord de Seine fréquentés à la belle époque par des foules de rouennais.

Située à une vingtaine de mètres au-dessus de la route - seule une voie piétonne permet d'y accéder - elle est pour partie troglodytique, pour partie couverte en chaume. Un petit clocher surplombe l'entrée. Ce petit clocher est recouvert d'essentes de châtaigniers. A l'intérieur sur la droite, on trouve le maître-autel baroque, l'autel de la Vierge et l'autel du Christ. Quelques statues peintes animent la roche : Saint-Adrien, Saint-Roch, Saint-Sébastien, Saint-Nicolas, Sainte-Luce, Sainte-Thérèse. Entre Saint-Adrien et Saint-Roch, trône une statuette de Saint-Bonaventure dont les filles à marier devaient piquer le pied pour trouver un époux. Pour éviter une lente destruction du Saint sous l'effet de ces piqûres, on l'a placé sous cloche et les épingles sont maintenant enfoncées dan sun coussin ou accrochées à des rubans.

Incrusté dans la voûte, on peut voir le "bras" de Saint-Adrien, formé de rognons de silex. Le mobilier est réduit à quelques bancs.

La chapelle qui appartenait à la famille de Mathan est maintenant la propriété de l'association diocésaine.

La chapelle est aujourd'hui sauvegardée grâce à l'action de l'association des amis de la chapelle de Saint-Adrien (voir à la rubrique associations culturelles)